Venant de Bordeaux, le CEYLAND, des Chargeurs Réunis, modifie sa route pour se porter au secours du navire. A 14 heures, il est en vue de l'AFRIQUE qui gîte sur tribord, mais passer une remorque est illusoire. Vers 20 heures, il assiste à l'extinction de tous les feux : il y a trop d' eau dans la chaufferie.
Le cargo plongé dans l'obscurité dérive dangereusement vers le plateau de Rochebonnes. A cet endroit, les déferlantes s'élèvent à 15 mètres de haut. Les reliefs abrupts de ces hauts fonds en sont la cause.
Vers minuit, l'AFRIQUE passe entre la Pierre Levée et la Congrée. C'est alors que le CEYLAN reçoit ce message : "je suis drossé sur les feux de RochebonnesFeux de Rochebonne
Ponton ancré sur le fond et long de 14 mètres.
Servait à l'époque à signaler les dangers à la navigation.
Remplacé depuis par des bouées cardinales., je talonne ..."
Peu après minuit, l'ordre d'évacuation est donné. La mer en furie rend l'opération presque impossible et ce 12 janvier 1920 à 3 heures dans l'obscurité, l' AFRIQUE s'enfonce dans l'eau froide, entraînant avec lui ses passagers et sa cargaison.
Au petit matin, les matelots du CEYLAN retrouvent une embarquation avec 9 hommes d'équipage et dans l'après-midi un radeau avec 16 tirailleurs sénagalais dont deux morts.
Les bateaux qui prospectent dans la zone du naufrage ne ramènent que des cadavres. Vers 21 heures, un canot touche terre à 15 km des Sables avec 12 hommes à bord.
Sur 599 personnes, il n'y a que 35 survivants. Trois mois durant, après le drame, les pêcheurs du littoral ne cesseront de recueillir des corps.
A 7 heures du matin, le DOMI-SOPHIE quitte Les Sables d'Olonne pour atteindre après trois heures de mer le point 2° 11W et 46° 20N.
Quelques instants plus tard, au cri de "A la gueuse !!", on mouille une bouée pour descendre avec certitude sur l'épave. Quarante-huit mètres plus bas, sur un fond de sable clair, gît l'AFRIQUE. Son relief, orienté est-ouest, se détache du fond d'un brassiage de 8m.
Pour avoir une idée de cette magnifique épave, il est souhaitable de faire plusieurs plongées. Celles-ci sont cependant réservées aux plongeurs expérimentés (minimum N3).
La visibilité avoisine les 30m, voire plus. L'étrave très bien conservée, avec l'ancre bâbord sur le sable, donne l'impression de voir le bateau en parfait état. En réalité, seul l'avant n'est pas écrasé.
En s'engageant dans les cales, n' offrant aucun danger, on peut découvrir ça et là, quelques bouteilles de champagne et différents petits récipients provenant probablement de la pharmacie.