Sur le port et dans les cafés, les vieux marins sablais ont longtemps raconté qu'en allant pêcher au large, on pouvait voir un mât du grand cargo émerger à marée basse.
Cargo, construit en 1910 par les chantiers SHORT BROTHERS du port de Sunderland en Angleterre, pour le compte de la Compagnie (également armateurs) : Nitrate Producers, S.S. C°, Ld (Lauther. Latta & C°.Mgrs)
Son port d'enregistrement est Londres. Son matricule est 129.120. Sa coque est en acier riveté. D'un tonnage de 5017 tonneaux, il accuse 123 mètres de long pour une hauteur de coque de 8.20 mètres. Il possède 2 ponts dont le supérieur est abrité.
Il s'agit d'un steamerBateau à vapeur avec 3 chaudières et machine à quadruple expansion construite par N.E. Marine Eng. C° Ld Newcastle, pouvant lui assurer une vitesse de 10.7 noeuds.
Son nom était une petite provocation : "Patagonie Anglaise" (région au sud de l'Argentine dont l'Angleterre possède encore une partie : les Malouines). Les autres navires des Nitrates Producers avaient été baptisés de la même manière : ANGLO EGYPTIAN, ANGLO MEXICAN, ANGLO SAXON ...
En partant de New-York, les 45 hommes d'équipage ont embarqué sur l'ANGLO PATAGONIAN, commandé par F.W Richardson. A bord, on a chargé divers produits dont du cuivre en lingots, métal précieux en temps de guerre (nous sommes en juillet 1917). Pour la même cause, le navire transportait des chevaux ainsi que des pièces mécaniques.
Lors de la récupération de 1933, on s'aperçut qu'il contenait également des obus de 220 (certains documents mentionnent
également des pièces d'avions)
On notera que ce cargo anglais appartenait aux Nitrate Producers et qu'en 14/18, le nitrate servait à la fabrication de la poudre.
La traversée pour atteindre Bordeaux allait être longue et dangereuse à cause des U.Boot. C'est pourquoi les navires voyageaient en convoi, puis comptaient sur la surveillance aérienne, notamment celle de FromentineFromentine
Station balnéaire sur le littoral atlantique en Vendée..
Malgré sa lourde cargaison, l'ANGLO PATAGONIAN fendait l'eau et pour gagner du temps, le capitaine Richardson abandonna le convoi qui l'escortait.
La mer était belle, les hommes à bord scrutaient la surface de l'eau à la recherche du moindre scillage blanc car les navires étaient au courant des drames survénus depuis le début de l'année dans le golfe de Gascogne.