Harcelé par la houle le vieux cargo délabré abrite, plus que les autres épaves vendéennes, une faune variée et abondante.
Construit en 1905 par les chantiers anglais Sunderland Shipbuilding Co-Ltd pour le compte de la société Navale Caennaise, le NIOBE est mis en service en janvier 1906.
Ses dimensions sont les suivantes : longueur 72,80 m, largeur 10,48 m et creux 4,26 m. Sa motricité est assurée par deux chaudières et une machine à triple expansion développant 1050 CV. Ces dernières sont construites par N.E Marine-Engine-Co-Ld Sdl en Angleterre. La coque, en acier riveté, est assemblée pour faire, de ce charbonnier, un vraquier (chargé en vrac). Sa jauge brute est de 1319 Tonneaux
Comme les autres bateaux de la compagnie, son nom est emprunté à la mythologie grecque. NIOBE est celui d’une reine légendaire très prolifique de Phrygie qui se moqua de Letho, laquelle n’avait que deux enfants. Ceux-ci, Apollon et Artémis, vengèrent leur mère en tuant à coup de flèches les 7 fils et les 7 filles de Niobé. Zeus changea cette dernière en statue pleurant.
A ses débuts, en 1903, la S.N.C ne possède que trois bateaux. L’essor industriel du début du siècle impose un rapide développement. Les tonnages de plus en plus importants, les contrats passés avec les charbonniers anglais sont, à cette époque, des atouts favorisant la croissance de l’entreprise.
En 1918 à l’Armistice, il ne reste que trois bateaux : le CIRCE, l’ASTREE et le DAPHNE. Un lourd tribut avait été payé à la guerre car ces navires ne totalisaient plus que 5300 T de port lourd à comparer aux 12900 T dont disposait la maison en 1914.
La motivation des hommes de mer et l’esprit d’entreprise de son dirigeant Gaston Lamy font que la S.N.C gagne la confiance des importateurs de charbon et des exportateurs de minerais de fer. Ce détail important permet d’optimiser le chargement des navires. En effet, à cette époque, certains bateaux étaient chargés au tramping, c’est à dire à la demande et sans régularité les amenant souvent à voyager sous lest (sans fret).