En août 1944, l’opération Kinétic prend progressivement de l’ampleur. Satisfaite par les premiers résultats, la marine britannique engage de nouvelles forces dans la bataille. Les forces 27 et 28 viennent alors renforcer l’amiral Darlymple Hamilton (force 26). Celles-ci constituées autour des croiseurs MAURITIUS et DIADEM, lui permettent de tenir un blocus plus vigoureux du Golfe de Gascogne.
Du côté allemand, les pertes augmentent inexorablement. Le 12 août, dès son arrivée, le groupe DIADEM se manifeste. En début d’après-midi, alors qu’il est acculé dans la rade de La PalliceLa Pallice
Port de commerce de La Rochelle, le SAUERLAND est attaqué par l’aviation du Costal Command constituée de Bristol Beaufighter de Davidson Moore. L’intervention aérienne est violente et efficace car, au point 46°03 N/1°41W, le feu des mitrailleuses, des roquettes, et des bombes, immobilise le grand navire. En panne de machines, il dérive doucement. Moins chanceux le petit dragueur allemand M4204 (ex Marie-Therese II) est coulé alors qu’il se trouvait dans les parages.
Le SAUERLAND devient alors une cible idéale pour le croiseur H.M.S DIADEM et les destroyers H.M.S ONSLOW et O.R.P PIORUN. Il est 16H30 lorsque le navire polonais PIORUN achève le briseur de blocus d’une torpille dans le nord ouest d’Oléron, le SAUERLAND disparaît sous l’eau. De cet événement, les archives allemandes retiendront également le décès de quatre marins.
Le SAUERLAND est certainement un des plus beaux sites de la côte Vendée-Charente sur lequel il nous est possible de plonger. Cette immense épave du littoral atlantique atteint les 150 m de long. Située à 34 m de fond, elle demeure accessible aux niveaux 2 encadrés.
Il convient toutefois de respecter certaines règles : bateau sûr et bien équipé pour atteindre le site assez éloigné des Sables d’Olonne (25 milles), se tenir informé sur les coefficients de marée qui peuvent provoquer des courants très forts, et enfin ne jamais plonger sur cette épave avec de la houle qui soulève de véritables tourbillons au fond (dans ce cas, l’eau n’est pas claire).
Il fait beau, la mer est belle, et en suivant le bout, on descend sur la gueuse. La visibilité, qui peut atteindre 20 à 30 m en été, permet d’apercevoir rapidement l’épave composée de trois parties.
L’arrière, bien conservé, remonte de 7 à 8 m au-dessus du fond. Sur le pont, trône une pièce de D.C.A où se sont accrochées des milliers de marguerites blanches (on dirait qu’il a neigé). Un peu plus loin, la cassure du pont permet d’accéder sans difficulté aux entreponts. On y découvre les coursives, les cales et la coque avec des hublots toujours en place.
Le centre cassé est un amoncellement de ferraille où l’on aperçoit les machines et le fond du bateau. Par contre, la passerelle inclinée sur bâbord, est très bien conservée et son état permet aisément d’y entrer. La place et les issues rendent la visite séduisante. Un peu plus loin, on rencontre un grand mât de charge également tombé sur bâbord.
L’avant, en très bon état, s’élève très haut au-dessus du fond et donne un point de vue vertigineux. On y trouve un magnifique canon de D.C.A dans le même état que le précédent. Dessous celui-ci, les entreponts très larges et bien dégagés autorisent la visite en toute sécurité.